Lumière des cieux et de la Terre

« Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche dans laquelle se trouve une lampe. La lampe est dans un verre. Le verre est comme un astre resplendissant. Elle tire sa flamme d’un arbre béni, un olivier qui n’est ni d’orient ni d’occident. Peu s’en faut que son huile n’illumine sans même que la touche le feu. Lumière sur lumière ! Allah guide vers Sa lumière qui Il veut. Allah fait des symboles pour les hommes et Allah connaît toutes choses »

(Cor. 24: 35)

 

YACOB MAHI: lumière qui rayonne et qui te renvoie ta propre image, la lumière de Dieu, Il parle par parabole, nour hala nour, lumière dédoublée d’une lumière….nour el imane hala nour el fitra, la lumière première, celle de l’innocence, la fitra, la lumière innée en chacun d’entre nous, la nature première augmentée par la lumière de la foi….sobhanAllah

Dieu accompagne l’homme dans son engagement…..« Yahdi Allah li nourihi man yacha »

« Ina Allah la youkhayirou ma bi qawman hata youghayirou ma bi anfoussihim » Sourate ERAHD -le tonnerre. Dieu ne réforme la réalité d’un peuple que lorsqu’il change ce qui est en lui. La clé de la réforme est en nous seuls , le cœur est l’artisan du changement. Quand tu aura une acceptabilité au changement, Dieu te guidera…

La lumière de la foi, l’islam étant l’adhésion avec le projet de Dieu.

Dès son arrivée à Medine, le prophète (pbsl) dira « ya ayouha nass afchou essalam », je ne serai en paix avec autrui si je ne suis pas en paix avec moi-même, pour faire rayonner la paix autour de toi, il faut que tu vives cette paix à l’intérieur de toi. Notre religion est la paix, vivre en harmonie avec elle, pour vivre intensément la paix intérieure nécessaire.

Avec cette double lumière (noor hala noor) tu t’orientes vers la quête de sens,

 

Dans ce précieux verset, Il nous a enseigné que, sous le rapport de Son nom al-Nur (La lumière), Allah – à savoir le Nom qui totalise tous les Noms – est la Lumière des cieux et de la terre, c’est-à-dire leur être même, que c’est par Lui qu’ils subsistent et par Lui qu’ils sont manifestés. En effet, c’est par la lumière qu’apparaît ce qui était celé dans les Tenèbres du néant. N’eût été Sa lumière, aucune chose ne serait perçue et il n’y aurait aucune différence entre une ombre et celui qui la projette. La lumière est la cause (sabab) de la manifestation des créatures- parmi lesquelles la terre et les cieux- ainsi qu’il en va dans le monde physique, où l’obscurité de la nuit rend les choses comme inexistantes par rapport aux observateurs jusqu’au moment où l’apparition de la lumière entraîne celle des choses et les distingue les unes des autres; et cela au point qu’un des philosophes a dit que les couleurs étaient inexistantes dans l’obscurité et que la clarté était une condition sine qua non de leur existence.

 

Si Dieu a privilégié les cieux et la terre d’une mention dans ce verset, c’est parce que les cieux sont le lieu symbolique des purs esprits (ruhaniyyat) et la terre celui des êtres dotés d’un corps. Les uns et les autres sont illuminés par une unique Lumière, sans que pour autant elle se sépare, se divise ou se partage.

 

La Lumière absolue ne peut pas davantage être perçue que en rapport à l’Obscurité absolue. La lumière a donc brillé sur l’obscurité, de telle sorte que cette dernière soit perçue par la lumière, et celle-ci par elle. Tel est le sens de cette parole des maîtres: Dieu Se manifeste par les créatures, et les créatures se manifestent par Lui. Le Shaykh al-akbar a dit à ce propos:

 

« N’eût été Lui, n’eût été nous Ce qui est ne serait pas. »

 

Autrement dit: sans Dieu, la créature ne serait pas existenciée (khalqun bi-la haqqin la yujad) et sans la créature, Dieu ne serait pas manifesté (haqqun bi-la khalqin layazhar). Sache cependant que Dieu, pour Se manifester par Son essence à Son essence, n’a nul besoin des créatures puisque sous le rapport de l`Essence, il est absolument indépendant à l’égard des mondes et même de Ses propres noms: car, de ce point de vue, à qui se nommerait-il? à qui pourrait-il être décrit? A ce degré, il n’y a que l`Essence une et absolue! En revanche, lorsqu’il se manifeste avec Ses noms et Ses attributs- ce qui implique la manifestation de leurs effets- Il a besoin (huwa muftaqir) des créatures. Le Shaykh al-akbar a fait allusion à cela dans ces vers:

 

 

« Chacun d’eux est dans le besoin

Aucun d’eux ne se passe de l’autre »,

 

« eux » désignant ici Dieu et la créature. Cette dépendance des Noms divins à l’égard des êtres qui sont leurs lieux de manifestation n’est pas une imperfection. Elle constitue au contraire la perfection au niveau des Noms et des Attributs car le besoin qu’a la cause, en tant que telle de son effet en tant que tel représente la perfection même. Cette relation est en effet nécessaire pour que les Noms divins, qui ne se distinguent que par leurs effets, puissent se distinguer les uns des autres. Toutefois les Noms divins, par celle de leurs « faces » qui est tournée vers l`Essence, sont eux aussi totalement autonomes à l’égard des mondes: sous ce rapport, ils ne sont rien d’autre que l’Essence même, et c’est pourquoi chacun d’eux peut être qualifié et désigné par tous les autres Noms au même titre que l’Essence.

 

Dans l’une de mes visions contemplatives, je vis ceci: un immense registre ouvert m’était présenté. Sur chaque ligne, un Nom divin était écrit, puis était successivement qualifié sur cette même ligne par tous les autres Noms. Sur la ligne suivante, un autre Nom était écrit et pareillement qualifié par tous les autres et ainsi de suite jusqu’à épuisement de la liste des quatre-vingt-dix-neuf Noms divins.

Au contraire, si l’on considère la « face » des Noms qui est tournée vers les mondes crées, ils sont, de ce point de vue, dépendants de ces derniers dans la mesure où ils cherchent à produire leurs effets: celui qui cherche est dépendant à l’égard de ce qu’il cherche.

 

Les cieux, la terre et toutes les créatures, dont la lumière est le Nom al-nur, sont les ombres des Noms et des Attributs projetées sur les prototypes immuablement fixes dans la Science divine (al-a’yan al-thabita fi l-hadrat al-‘ilmiyya). Toute ombre nécessite en effet une surface. telle que la terre ou l’eau, sur laquelle elle puisse se projeter. C’est la lumière qui rend l’ombre visible, mais c’est l’objet vertical [éclairé par cette lumière] qui lui donne sa forme. Cet objet vertical correspond, en l’occurrence, au degré des Noms et des Attributs, et la Lumière est l’Etre qui se répand sur les possibles.

 

Puis Dieu a répondu [dans la suite du verset] à la question: cette illumination de la terre, des cieux et de toutes les créatures se produit-elle directement ou par intermédiaire ? Doit-elle être comprise comme une conjonction, une union ou un mélange? Par le recours au symbole de la niche, du verre et de la lampe, Il nous a fait savoir que cette illumination s’opérait, sans union, mélange ni conjonction, par l’intermédiaire de la Réalité muhammadienne (al-haqiqa al-muhammadiyya), laquelle est la première détermination (al-ta’ayyun al-awwat), l’isthme des isthmes (barzakh al-barazikh), le lieu de la théophanie de l’Essence et de l’apparition de la Lumière des lumières. C’est cette Réalité muhammadienne qui est désignée par le « verre ». Quant à la « niche », elle représente la totalité des créatures- la Réalité muhammadienne exceptée, car c’est du « verre », et par son intermédiaire, que se répand perpétuellement la lumière. Quant à la « lampe », elle symbolise la lumière existentielle et relative (al-nur al-wujudf al-idafi).

 

Dieu nous a informé ensuite que ce verre, par quoi la lumière parvient à la niche, possède cette finesse, cette plénitude, cette pureté, cette aptitude à recevoir la lumière et à la répandre sur la niche en raison de sa prédisposition parfaite et insurpassable, au point qu’on a pu dire qu’à lui s’appliquait ce distique de Sahib Ibn ‘Abbad:

 

« La coupe était si pure et le vin si limpide qu’ils devinrent semblables, au point qu’on ne savait

S’il y avait là du vin sans coupe ou une coupe sans vin. »

 

C’est là le sens de « comme un astre resplendissant ».

 

« Elle tire sa flamme »: il s’agit ici de la lampe, c’est-à-dire de la lumière existentielle relative. « D’un arbre »: d’un principe, d’une source. « Béni »: sa bénédiction est pérenne, et sa surabondance inépuisable. « Ni d’orient ni d’occident »: on ne peut dire de cet arbre dont la lampe tire sa flamme, ni qu’il est « oriental »- ce qui le rattacherait au lever du soleil et à l’illumination – ni qu’il est « occidental »-ce qui le rattacherait au couchant et à l’ombre- car il est l’Essence même. Or, à cette dernière, on ne peut assigner aucun statut particulier puisqu’elle ne peut être saisie par l’intellect et que l’assignation d’un statut à ce qui est inintelligible est impossible. Elle n’est ni d’orient ni d’occident, ni nécessaire ni contingente, ni être ni non-être. Elle ne se manifeste pas par une chose sans se manifester aussi par son contraire.

 

« Peu s’en faut »: cela était près de se produire mais ne s’est pas produit. « Que son huile »: ce qui alimente la « lampe » mentionnée plus haut. « N’illumine »: que l’Essence ne se manifeste que par elle -même et pour elle-même, sans être associée à quoi que ce soit- j’entends par là une association en mode purement conceptuel. « Sans même que la touche le feu »: c’est là une allusion aux formes manifestées auxquelles s’associe ce qui est symbolisé par l’huile, laquelle représente la réalité essentielle de la lampe. La lumière de la lampe n’apparaît pas si elle n’est pas en contact avec le feu. A son tour, le feu n’éclaire pas et ne se manifeste pas sans la présence de quelque chose qui l’alimente, et cette chose elle-même ne se manifeste que si le feu est en contact avec elle.

 

« Lumière sur lumière »: la lumière attribuée aux cieux et à la terre est identique à la Lumière absolue que ne limitent ni les cieux ni la terre. « Sur » (‘ala): signifie « Nous » (bi-ma’na nahnu).

 

« Allah guide » par Ses instructions et Ses théophanies « qui Il veut » d’entre ses serviteurs « vers Sa lumière »: Sa lumière absolue, et non la lumière relative attribuée à telle ou telle chose. « Allah fait des symboles pour les hommes »: afin que leur soit évidente la réalité des choses car « Allah connaît toute chose » et sait comment en tirer un symbole. Mais aux hommes Il a dit: « Ne faites pas de symboles d’Allah » (Cor. 16: 74). Il a formulé cette interdiction en raison de leur ignorance, car ils ne sauraient comment faire ces symboles; mais cette interdiction ne s’applique qu’au Nom Allah, qui est le Nom totalisateur. Quant aux autres Noms, il n’y a pas d’interdiction.

 

Et Allah est plus Savant et plus Sage!

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